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  |   Explications sur certains noms locaux

En introduisant la dénomination officielle des rues et chemins en 1980, dans le cadre de la nouvelle mensuration cadastrale du village, le Conseil communal a perpétué certains anciens noms locaux, repris du cadastre de 1869. Il s’agit de : Bellevue, Chandolan, Chassotte, Epinay, Faye, Recoulet, Tiguelet, Toutvent et Verna. D’autres noms avaient été intégrés à cet ancien cadastre durant son siècle d’existence : Beauséjour, Champ de l’Orme, Château-d’Affry, Colombière, Corberayes, Crochet et Fin de la Croix. Ces appellations furent évidemment maintenues ou appliquées aux nouvelles routes construites dans les secteurs en question.

Toujours en 1980, le Conseil communal dut trouver de nouveaux noms pour des rues et chemins qui, bien que déjà construits ou projetés, n’en avaient point encore. Il choisit alors, parfois avec la collaboration des bordiers concernés, des noms d’oiseaux (Alouettes, Grives, Hiboux) ou d’autres animaux (Chevreuils), de fleurs (Lilas, Taconnets) ou de lieux (Belfaux, Colline, Giratoire, Poudrière).

Par le développement constant du village, la création de nouvelles routes étendit ce répertoire. Soucieux de sortir d’une certaine banalité, le Conseil communal chercha aussi à honorer la mémoire de quelques personnes méritantes, de même qu’à rappeler certains faits historiques ou anecdotiques touchant à la vie locale. Il en est ainsi des noms suivants :

 

Route de Jubindus

Il s’agit là du premier nom connu de Givisiez, datant de l’époque gallo-romaine. “La Légende de Givisiez”, bande dessinée de Gérard Steinauer illustrée par Pécub, éditée en 2007 par la commune et disponible à l’administration communale, retrace avec fantaisie le parcours de ce Jubindus, agent secret de l’empereur Vespasien en 75 après Jésus-Christ et véritable ancêtre de P’tit Givi…

 

Place d’Affry

La famille d’Affry représente véritablement la source du Givisiez actuel : elle a construit le Manoir en 1539 (la plus ancienne demeure de la commune) puis, en 1703, le château que sa descendance possède encore aujourd’hui au centre du village. Parmi les plus illustres membres de cette famille qui vécurent à Givisiez, on note Louis-Auguste-Philippe Comte d’Affry (1743-1810), premier Landamann de Suisse, et Adèle d’Affry, Duchesse de Castiglione Colonna, dite “Marcello” (1836-1879), artiste-peintre et sculpteur de renom au rayonnement international. Leurs sépultures existent encore au cimetière de Givisiez. De cette époque date le surnom de Givisiez : “Petit Versailles”.

Ce n’est donc que justice si le Conseil communal baptisa “Place d’Affry” l’écrin spatial mettant en valeur les joyaux historiques du centre-village, dû aux architectes-paysagistes Ruth et Philippe Vorlet et inauguré le 25 juin 1999.

 

Route d’Alcantara

L’hoirie d’Alcantara est une descendance de la famille d’Affry et plusieurs de ses branches se sont longtemps partagé la propriété d’un domaine agricole dépendant de son château. Le secteur de Beauséjour-Jubindus, où se trouve aujourd’hui la route d’Alcantara, constituait avant son urbanisation un lot important de ce patrimoine.

 

Place de-Boccard

Anciennement appelée route de l’Eglise, la place de Boccard perpétue le nom d’une famille bourgeoise de la commune, dont chaque génération apporta depuis le début du XIXe siècle une contribution marquante au développement de Givisiez. Ainsi, notamment, Hubert de Boccard siégea durant 35 ans au Conseil communal et fut Syndic de Givisiez de 1903 à 1925.

 

Impasse du Long-Champ

Route privée desservant un quartier résidentiel, lequel jouxte le “long champ” que la Bourgeoisie de Fribourg possédait jadis entre les chemins de Corberayes et du Giratoire. Longchamp est aussi le nom de l’architecte – enfant de Givisiez – qui planifia ce quartier.

 

Route des Loisirs

Directement raccordée à la route de contournement de Fribourg, la route des Loisirs porte bien son nom puisqu’elle donne accès à un centre commercial brico-loisirs ainsi qu’à la zone sportive communale de Chandolan.

 

Route du Tir-Fédéral

Organisé tous les cinq ans, le Tir fédéral n’eut lieu qu’une seule fois durant le XXe siècle dans le canton de Fribourg : à Givisiez en 1934. D’un stand installé au bas de la Verna, les tireurs visaient – par-dessus la voie ferrée – les cibles installées sur le coteau de La Faye, où se trouve précisément aujourd’hui la route du Tir fédéral. Au passage, les trains à vapeur devaient stopper leur panache de fumée ! La halle des fêtes se situait à Beauséjour et un festival grandiose avait été monté par l’Abbé Joseph Bovet (musique), Paul Bondallaz (textes) et Alexandre Cingria (décors). Le somptueux troupeau de bovins noirs et blancs d’Emile Gaillard, agriculteur du village, passait même en scène !

Une fontaine sur la place des Osses perpétue le souvenir de cette page glorieuse de l’histoire de Givisiez. Avec son inscription “Tir fédéral Fribourg 1934”, elle coula longtemps devant la maison qu’Emile Stempfel construisit cette année-là au chemin de Bellevue 21, puis fut offerte à la commune par son nouveau propriétaire, Francis Berset, afin d’être valorisée sur le site même du Tir fédéral.

 

Route Henri-Stephan

(1905/1970)

En précurseur, Henri Stephan fut le premier industriel à transférer son entreprise de la ville (où son développement était compromis, faute de place) à Givisiez, conférant à cette commune un des premiers éléments de sa vocation industrielle. Exemple de longévité industrielle, Stephan SA célébra en 2002 son siècle d’existence !

 

Sentier des Vaudois

Ce chemin donne accès notamment aux immeubles sis Fin de la Croix 16 et 18, dont le terrain était propriété d’une hoirie vaudoise.

 

Chemin du Gaz

Il se situe dans la forêt de Moncor et dessert la station de soutirage, détente et comptage construite en 1980 par Frigaz SA sur le gazoduc haute pression Orbe-Mülchi, d’Unigaz SA, dont le tracé traverse le village (bâtiment discret en lisière nord de la forêt). Le chemin du Gaz permet aussi l’accès pédestre à l’abri aménagé par la commune pour les pique-niqueurs.

 

Route du Fer

Dénomination toute logique d’une route menant à une entreprise spécialisée dans la récupération de métaux divers.

 

Route des Fluides

La route des Fluides est ainsi dénommée car elle longe le nouveau lit du Tiguelet, suit le tracé souterrain d’importantes conduites de gaz et dessert notamment le bâtiment de SINEF SA, réseau d’eau et gaz.

 

Allée Paul-Cantonneau

Personnage de fiction, le Professeur Paul Cantonneau de l’Université de Fribourg accompagne Tintin dans trois de ses aventures : L’Etoile mystérieuse, Les 7 boules de crystal et Le Temple du soleil. Cet hommage à l’unique héros fribourgeois de l’œuvre de Hergé fut rendu à celui-ci en 2007, à l’occasion du centenaire de sa naissance.

 

Rue Pierre-Yerly

(1923/1981)

Cette route privée porte le nom d’un ancien député au Grand-Conseil de Fribourg, trop tôt disparu, qui mit toutes ses forces au service de la collectivité. Pierre Yerly soutenait notamment l’idée du centre artisanal construit dans sa rue.

 

Route du Mont-Carmel

Sans rapport direct avec le véritable Mont Carmel, cette route ceinture la colline de Bellevue, où se trouve une chapelle dite du “Kamerlet”; d’une traduction très libre (!), cette dénomination a au moins le mérite de l’originalité.

 

Route Jo-Siffert

(1936/1971)

Pilote automobile fribourgeois, né en 1936 et tué en course à Brands Hatch (GB) le 24 octobre 1971, Jo Siffert demeure dans les mémoires comme un sportif méritant et exemplaire. Il gagna entre autres deux Grands-Prix de formule 1 et porta haut et loin les couleurs de son pays.

 

Route André-Piller

(1930/1986)

Juriste, sous-directeur des Entreprises Electriques Fribourgeoises, André Piller fut aussi, de 1969 à 1986, secrétaire puis président du comité de direction du Consortium de la nouvelle zone industrielle du Grand-Fribourg (CIG) et, à ce titre, un grand artisan de la création de cette zone si importante pour l’économie régionale.

 

Route Laurent-Butty

(1925/1990)

Alors Préfet de la Sarine, Laurent Butty fut l’initiateur de la zone industrielle, de Givisiez, sachant convaincre les communes du Grand-Fribourg (Corminboeuf, Belfaux, Fribourg, Givisiez, Granges-Paccot et Villars-sur-Glâne) que l’union fait la force dans le développement du centre cantonal.

 

Route du Vieux-Canal

Le “Tiguelet de Corminboeuf” fut canalisé au XIXe siècle, afin d’assainir les terres alors agricoles sises au nord-ouest de Givisiez. Les besoins de la zone industrielle dans ce secteur nécessitèrent le déplacement vers l’ouest de ce canal. Est donc ainsi baptisée la route passant sur cet ancien tracé aqueux.

 

Route du Bleuet

Le bleuet, la flamme du gaz. Cette route privée industrielle donnait notamment accès à une entreprise spécialisée dans la distribution de matériel de loisirs, camping et gaz.

 

Chemin Saint-Laurent

Saint patron de la paroisse catholique de Givisiez et Granges-Paccot, l’archidiacre Laurent – principal personnage de la communauté chrétienne après le pape – fut brûlé vif à petit feu en l’an 258 pour avoir soustrait, en faveur des pauvres, les biens de l’Eglise convoités par le préfet de Rome. S’il faut en croire le témoignage de saint Ambroise, Laurent fit montre d’une admirable sérénité durant son supplice, se mettant même à railler son bourreau : “Ma chair est assez cuite de ce côté, lui dit-il, retourne-moi, c’est le moment d’y goûter !” et il mourut les yeux au ciel, en priant pour la ville de Rome… Le chemin Saint-Laurent dessert aujourd’hui les divers bâtiments de la paroisse et le cimetière.

 

Rue Robert-Stalder

(1902/1988)

Entré au Conseil communal de Givisiez en 1935, peu après le Tir fédéral, alors que se préparaient les années de sombre mémoire, Robert Stalder, architecte de son état, accéda à la syndicature en 1942 et tint solidement les rênes de la commune jusqu’en 1970. Il consacra ainsi 35 années au service de son village et de ses habitants, période pendant laquelle il siégea encore au Grand-Conseil fribourgeois. Robert Stalder fut incontestablement l’artisan du Givisiez agréable, paisible et harmonieux que l’on connaît aujourd’hui, malgré l’avancée inéluctable du développement périphérique et les nécessités d’un trafic automobile toujours croissant. Grâce à lui, Givisiez fut l’une des premières communes du canton – voire du pays – à se doter d’un “plan d’aménagement local”, en 1951 déjà !

 

Rue Jean-Prouvé

(1902/1984)

Jean Prouvé était avant tout un constructeur, novateur dans l’architecture industrielle autant que dans la technique de construction. On lui doit de nombreux ouvrages en France et dans le monde. Son rayonnement influence encore les constructeurs contemporains et deux quartiers de Givisiez au moins y font largement référence (centre artisanal Pierre Yerly et habitat industriel de La Faye).

 

Allée Le Corbusier

(1887/1965)

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, dit “Le Corbusier”, originaire de La Chaux-de-Fonds, de par son style, s’est rapidement imposé au delà de nos frontières. Il est le fondateur du mouvement de l’architecture moderne et s’attacha tout particulièrement à perfectionner et humaniser l’habitat collectif. On lui doit notamment la “Cité Lumière” de Marseille ainsi que le plan de la ville de Chandigarh (Inde).

Robert Stalder, Jean Prouvé et Le Corbusier ont chacun oeuvré, à des titres et dans des domaines divers, à la cause d’une architecture adaptée aux besoins de l’homme et respectueuse de son environnement. Le Conseil communal leur a donc rendu un hommage commun en les associant dans la dénomination des rues d’un nouveau quartier, à La Faye.

 

Place des Osses

Centre névralgique du quartier de La Faye, la place des Osses fait référence au théâtre du même nom, qui contribue largement depuis 1990 au rayonnement culturel de Givisiez. En 2003, la Société suisse du théâtre remit le prestigieux “Anneau Reinahrt” à Mmes Gisèle Sallin et Véronique Mermoud, fondatrices du Théâtre des Osses, en récompense de leur carrière théâtrale.

 

Rue des Femmes Savantes

La rue des Femmes Savantes – du nom de la délicieuse comédie créée par Molière en 1672 – souligne aussi la proximité du Théâtre des Osses où cette pièce fut jouée en 1991 et en 2010.

 

Sentier Ardenti

Chemin pédestre longeant la voie ferrée, le sentier Ardenti rappelle une ancienne famille du village, dont plusieurs membres aujourd’hui décédés habitaient différentes maisons desservies par ce chemin. Des gens discrets, pas forcément célèbres, mais unanimement estimés dans le village, où plusieurs générations se dévouèrent pour le bien de la commune ou de la paroisse.

 

Sentier du Séminaire

Chemin pédestre offrant un accès direct à l’arrêt de bus Colombière depuis la cité Beauséjour, sur un terrain mis à disposition par le Séminaire du diocèse de Sion