|   Histoire

Givisiez a une origine très lointaine : sa colonisation date de l’époque gallo-romaine. C’était alors le lieu de Jubindus, qui devint Juvinsie, puis Juvisie, Gevisier et, finalement, Givisiez (en allemand : Siebenzach).

« Coupé d’or au lion d’azur, lampassé de gueules, issant du trait de partition et de gueules », l’héraldique officielle de Givisiez reprend les armes de la seigneurie d’Englisberg, alors propriétaire de la région de Givisiez et Granges-Paccot, dont le château s’élevait sur la rive gauche de la Sarine, vis-à-vis de l’ermitage de la Madeleine.

De nombreuses sources mentionnent la présence d’une tour à Givisiez au XIIe siècle, probablement destinée à défendre l’accès à Fribourg. Les anciennes chroniques relatent une guerre meurtrière que Berne, unie à la Savoie, livra contre Fribourg au début de l’an 1448. Le 6 janvier, les Fribourgeois attaquèrent leurs ennemis sur la route de Givisiez et tuèrent 400 hommes sur la colline du Guintzet : la destruction de cette forteresse de Givisiez daterait de cette époque.

En 1290, Guillaume d’Englisberg vendit le territoire de Givisiez à Pierre Cortaneir et Pierre Mercier. Au cours du XVe siècle, un d’Affry épouse Catherine, descendante des Cortaneir.

 

Les châteaux, des familles et des congrégations religieuses

L’érection du manoir actuel en 1539, sur les fondations mêmes de l’ancienne forteresse, est attribuée à Louis d’Affry, avoyer. Cette famille l’habitera jusqu’au début du XVIIIe siècle, puis l’utilisera comme résidence d’été.

Construit en 1708, le château d’Affry appartient encore à cette dynastie, qui a notamment compté Louis-Auguste-Augustin d’Affry (1713-1793), Lieutenant-Général du Roi, Commandant de la Garde suisse à Paris. En congé de maladie en Suisse au moment du massacre des Tuileries, le 10 août 1792, il fut remplacé à ce poste par Jean-Roch-Frédéric de Maillardoz, de Givisiez également, massacré lui en septembre de la même année. Louis-Auguste-Philippe Comte d’Affry (1743-1810), premier Landamann de Suisse, était de la même famille. Son arrière petite-fille Adèle, duchesse Colonna, connue sous le nom d’artiste de Marcello, a laissé de nombreuses sculptures et peintures très célèbres.

Autre château de Givisiez, la maison de Boccard appartint autrefois à la famille Von der Weid, puis aux de Praroman.

Au début du XIXe siècle, une fille d’Affry épouse Hubert de Boccard, apportant le manoir en dot. La famille de Boccard l’occupa jusqu’en 1903, accueillant parfois l’une ou l’autre communauté religieuse pourchassée par des lois anticléricales.

Plusieurs de ces communautés, qui devaient quitter la France, trouvèrent refuge à Givisiez au début du XXe siècle. Ainsi se développèrent le Pensionnat de la Chassotte, sur l’ancienne propriété des familles de Maillardoz et de Castella (par les Frères de l’Instruction chrétienne, puis les Soeurs Fidèles Compagnes de Jésus) et la Pouponnière de Givisiez (Soeurs de Nevers), alors que le manoir devint un juvénat (Missionnaires de St-François de Sâles), puis une maison de repos et de convalescence en 1920 (Soeurs Franciscaines de Blois).

En 1967, une dernière congrégation religieuse s’établissait à Givisiez, les Soeurs de la Charité de Ste Jeanne-Antide de Thouret, qui y installaient leur maison de retraite.

Les temps changent et ces congrégations tendent à disparaître du paysage. Seuls témoins de cette page de l’histoire, demeureront quelques monuments au cimetière de Givisiez, que les autorités ont décidé de regrouper en un mémorial, afin de perpétuer la reconnaissance due à ces religieux et religieuses pour les innombrables bienfaits dispensés à des générations d’enfants, d’adultes et de vieillards.

 

L’église

La date de construction de l’église dédiée à St Laurent n’est pas connue, les archives paroissiales ayant été détruites lors de l’incendie de la cure en 1729. Mais cette église en remplaçait une autre, que l’on trouvait ancienne en 1675… Consacrée le 9 novembre 1777, elle fut agrandie en 1936. La rénovation de la cure et la construction du centre paroissial furent achevées en 1992. Les vitraux (XXe siècle) sont de l’artiste Bernard Schorderet.

 

Le centre communal

En 1812, la paroisse construisit le premier bâtiment d’école, sur l’emplacement d’un ancien pressoir public en face du manoir. Il devait être remplacé en 1906 par l’immeuble où loge aujourd’hui l’administration communale. Le centre scolaire actuel date de 1978, 1992 et 2012, alors que le Rural, construit vers la fin du XIXe siècle par le fermier du château, fut réhabilité par la commune en 2008, pour abriter le services édilitaires, la bibliothèque et une salle multifonctionnelle.

 

Le développement

En 1869, Givisiez ne compte encore, pratiquement, que des châteaux et maisons de maître, avec leurs fermes et fort peu d’autres bâtiments. Le réseau routier principal est en place. L’axe Fribourg-Belfaux ne partage cependant pas encore le village, puisque l’essentiel de celui-ci se concentre sur le chemin de Corminboeuf. Trois ruisseaux irriguent la commune : le Chandolan, qui coule vers l’étang du Jura, le Lavapesson, en direction de Granges-Paccot, et le Tiguelet, avec ses branches de Corminboeuf et de Givisiez qui se réunissent pour rejoindre Belfaux et la Sonnaz. Le tracé du chemin de fer est à l’étude; les premiers trains circuleront entre Fribourg et Payerne dès le 25 août 1876, alors que Morat sera relié à la capitale dès le 1er mai 1903. En 1900, Givisiez recense 193 habitants.

Le début du XXe siècle, avec l’arrivée des congrégations religieuses, puis 1934, année du Tir fédéral, marquent quelques étapes significatives de développement. 298 personnes vivent à Givisiez en 1940. En 1951, sous l’impulsion du Syndic Robert Stalder, Givisiez fut l’une des premières communes du canton – voire du pays – à se doter d’un plan d’aménagement local. Les options essentielles de ce plan, reprises par ceux de 1978, de 1997 puis de 2015, demeurent encore valables aujourd’hui.

De 1960 (699 habitants) à 1970 (746 habitants), le développement de Givisiez fut quelque peu ralenti en raison d’un manque d’eau, jusqu’à la création d’un consortium intercommunal pour l’alimentation en eau dans le Grand-Fribourg.

Le réseau autoroutier et la nouvelle zone industrielle du Grand-Fribourg conditionnèrent le développement de la commune dès 1970. Le cap des 1000 habitants est franchi en 1980, alors qu’on enregistre le 2000ème en 2002 et le 3000ème en 2010. Ainsi, le « Petit Versailles » du XIXe siècle fit place à un village moderne, à vocations multiples offrant de nombreuses places de travail dans l’industrie, l’administration et le commerce, un domaine agricole (acquis en 1994 par la commune en vue de sa préservation), plusieurs institutions d’accueil et une qualité de vie que ses autorités cherchent à maintenir au meilleur niveau.

Les tâches à accomplir devenant de plus en plus complexes, les communes de Granges-Paccot, Corminboeuf, Chésopelloz et Givisiez entreprirent à partir de 2011 un rapprochement en vue de relever ensemble les défis de l’avenir (avec le nom de code 2C2G). Un projet de convention de fusion vit le jour et une votation populaire eut lieu le 30 mars 2014 dans les quatre communes concernées.

Bien que la population de Givisiez ait accepté ce projet de fusion à plus de 65%, il fut écarté en votation populaire.

Le 25 janvier 2017, les communes de Corminboeuf, Fribourg, Givisiez et Marly ont demandé formellement au Conseil d’Etat de lancer le processus de fusion du Grand Fribourg, conformément à la loi cantonale du 9 décembre 2010 relative à l’encouragement aux fusions de communes (LEFC), telle que modifiée par la loi cantonale du 13 mai 2016.

Lors de sa séance du 27 juin 2017, le Conseil d’Etat a déterminé le périmètre provisoire du Grand Fribourg. Il a décidé d’y inclure les communes d’Avry, Belfaux, Corminboeuf, Fribourg, Givisiez, Granges-Paccot, Marly, Matran et Villars-sur-Glâne, soit les neuf communes sarinoises membres de l’Agglomération de Fribourg.

Ces communes seront représentées au sein de l’assemblée constitutive chargée d’élaborer un projet de convention de fusion dans un délai de trois ans. Les autres communes intéressées par le processus, à savoir Grolley, La Sonnaz et Pierrafortscha, se verront proposer un statut d’observateur. L’élection des délégué-e-s des communes comprises dans le périmètre provisoire aura lieu le 26 novembre 2017.

Cette assemblée aura la tâche d’élaborer la convention de fusion qui déterminera les aspects financiers, ainsi que d’autres éléments de fonctionnement de la future commune, notamment son nom et ses armoiries. La loi prévoit que la convention de fusion doit être prête au plus tard pour le 30 juin 2020, afin de respecter le délai de septembre 2020 pour le scrutin populaire dans les communes concernées.